Quaestio Société de Saint-Pierre-Canisius
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IV. Persévérer dans l’amour

Quand son Heure est venue, Jésus prie le Père (cf. Jn 17). Sa prière, la plus longue transmise par l’Evangile, embrasse toute l’Economie de la création et du salut, comme sa Mort et sa Résurrection. La prière de l’Heure de Jésus demeure toujours la sienne, de même que sa Pâque, advenue " une fois pour toutes ", demeure présente dans la Liturgie de son Église.

La tradition chrétienne l’appelle à juste titre la prière " sacerdotale " de Jésus. Elle est celle de notre Grand Prêtre, elle est inséparable de son Sacrifice, de son " passage " [pâque] vers le Père où il est " consacré " tout entier au Père (cf. Jn 17, 11. 13. 19).

Dans cette prière pascale, sacrificielle, tout est " récapitulé " en Lui (cf. Ep 1, 10) : Dieu et le monde, le Verbe et la chair, la vie éternelle et le temps, l’amour qui se livre et le péché qui le trahit, les disciples présents et ceux qui croiront en Lui par leur parole, l’abaissement et la Gloire. Elle est la prière de l’Unité.

Jésus a tout accompli de l’œuvre du Père et sa prière, comme son Sacrifice, s’étend jusqu’à la consommation du temps. La prière de l’Heure emplit les derniers temps et les porte vers leur consommation. Jésus, le Fils à qui le Père a tout donné, est tout remis au Père, et, en même temps, il s’exprime avec une liberté souveraine (cf. Jn 17, 11. 13. 19. 24) de par le pouvoir que le Père lui a donné sur toute chair. Le Fils, qui s’est fait Serviteur, est le Seigneur, le Pantocratôr . Notre Grand Prêtre qui prie pour nous est aussi Celui qui prie en nous et le Dieu qui nous exauce.

C’est en entrant dans le saint Nom du Seigneur Jésus que nous pouvons accueillir, du dedans, la prière qu’il nous apprend : " Notre Père ! ". Sa prière sacerdotale inspire, du dedans, les grandes demandes du Pater : le souci du Nom du Père (cf. Jn 17, 6. 11. 12. 26), la passion de son Règne (la Gloire ; cf. Jn 17, 1. 5. 10. 24. 23-26), l’accomplissement de la volonté du Père, de son Dessein de salut (cf. Jn 17, 2. 4. 6. 9. 11. 12. 24) et la libération du mal (cf. Jn 17, 15).

Enfin, c’est dans cette prière que Jésus nous révèle et nous donne la " connaissance " indissociable du Père et du Fils (cf. Jn 17, 3. 6-10. 25) qui est le mystère même de la Vie de prière.

EN BREF

EN BREF

La prière suppose un effort et une lutte contre nous mêmes et contre les ruses du Tentateur. Le combat de la prière est inséparable du " combat spirituel " nécessaire pour agir habituellement selon l’Esprit du Christ : On prie comme on vit, parce qu’on vit comme on prie.

EN BREF

Dans le combat de la prière nous devons faire face à des conceptions erronées, à divers courants de mentalité, à l’expérience de nos échecs. A ces tentations qui jettent le doute sur l’utilité ou la possibilité même de la prière il convient de répondre par l’humilité, la confiance et la persévérance.

EN BREF

Les difficultés principales dans l’exercice de la prière sont la distraction et la sécheresse. Le remède est dans la foi, la conversion et la vigilance du cœur.

EN BREF

Deux tentations fréquentes menacent la prière : le manque de foi et l’acédie qui est une forme de dépression due au relâchement de l’ascèse et portant au découragement.

EN BREF

La confiance filiale est mise à l’épreuve quand nous avons le sentiment de n’être pas toujours exaucés. L’Evangile nous invite à nous interroger sur la conformité de notre prière au désir de l’Esprit .

EN BREF

" Priez sans cesse " (1 Th 5, 17). Prier est toujours possible. C’est même une nécessité vitale. Prière et vie chrétienne sont inséparables.

EN BREF

La prière de l’Heure de Jésus, appelée à juste titre " prière sacerdotale " (cf. Jn 17), récapitule toute l’Economie de la création et du salut. Elle inspire les grandes demandes du " Notre Père ".

DEUXIEME SECTION LA PRIERE DU SEIGNEUR : " NOTRE PERE ! "

" Un jour, quelque part, Jésus priait. Quand il eut fini, l’un de ses disciples lui demanda : ‘Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l’a appris à ses disciples’ " (Lc 11, 1). C’est en réponse à cette demande que le Seigneur confie à ses disciples et à son Église la prière chrétienne fondamentale. S. Luc en donne un texte bref (de cinq demandes : cf. Lc 11, 2-4), S. Matthieu une version plus développée (de sept demandes : cf. Mt 6, 9-13). C’est le texte de S. Matthieu que la tradition liturgique de l’Église a retenu (Mt 6, 9-13).

Très tôt, l’usage liturgique a conclu la Prière du Seigneur par une doxologie. Dans la Didaché (8, 2) : " Car c’est à toi qu’appartiennent la puissance et la gloire dans les siècles ". Les Constitutions apostoliques (7, 24, 1) ajoutent en commençant : " le règne ", et c’est la formule retenue de nos jours dans la prière œcuménique. La tradition byzantine ajoute après la gloire " Père, Fils et Saint Esprit ". Le missel romain développe la dernière demande (cf. Embolisme) dans la perspective explicite de " l’attente de la bienheureuse espérance " (Tt 2, 13) et de l’Avènement de Jésus-Christ notre Seigneur, puis vient l’acclamation de l’assemblée ou la reprise de la doxologie des Constitutions apostoliques.

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